Raymond Depardon



 

En 1980, Raymond Depardon vient d’intégrer l’agence Magnum et  se rend à New York avec une amie. Chaque jour, il prend son appareil, l’enfile autour du cou et photographie sans pointer, depuis sa poitrine, au fil de ses errances journalières. Ce projet, Manhattan Out,  il le développera 27 ans plus tard, images impulsives et résolues qui rappellent une époque esthétique pour la photographie comme pour la mode, avec ses fourrures serrées, jeans et chapeaux en tout genre, ses tenues qui évoquent en filigrane un courant musical et si ce n’est pas assez d’indices, les voitures plantent le décor, avec leurs carrosseries mates et leurs lignes droites.  L’année suivante il retourne à New York et entame La Correspondance new- yorkaise pour Libération.

Durant l’été 1981, le photographe était chargé d’envoyer une photo quotidienne et légendée de la grosse pomme au journal parisien Libération. On connaît l’œil et la qualité des cadrages de Depardon : ces trente-trois clichés ne font pas exception à la règle. Mais l’intérêt de cette visite repose avant tout sur les légendes. Plus qu’un titre, c’est une pensée rédigée par la main du photographe qui accompagne chaque image. Pensée qui n’a pas forcément à voir avec l’instant capturé, mais qui traversait l’esprit de Depardon au moment de la prise de vue, et donne à ce reportage photographique une forme de journal intime.

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